En quête d’amour : Le Rayon vert

En quête d’amour… Qui n’a pas souhaité un jour y voir clair dans son cœur ainsi que dans celui des autres ?! eh bien c’est très exactement ce que nous propose cette histoire de rayon vert issue de légendes écossaises…

en quête d'amour

Une fois n’est pas coutume – et j’avoue m’être précipité dessus pour éditer la version ebook en 2015 tellement j’étais surprise -, voici un roman d’amour écrit par  Jules Verne ! et paru en 1882. Il est illustré par Léon Benett (45 illustrations) : Le Rayon vert.

Alors bien sûr, dans ce roman il y a une large place au phénomène révélé par des scientifiques de l’époque, le fameux rayon vert. Un rayon qui offre ici une occasion magnifique pour dériver sur les sentiments et agissements des humains, en plus des découvertes historiques et géographiques des lieux de l’histoire.

En quête d’amour, le résumé du livre Le rayon vert

Afin d’échapper à un mariage avec l’ennuyeux scientifique Aristobulus Ursiclos, Helena Campbell déclare à ses oncles Sib et Sam qu’elle ne se mariera qu’après avoir vu le Rayon vert qui, selon les légendes écossaises dont la jeune fille est friande, permettrait à ceux qui l’ont observé de voir clair en leur cœur ainsi qu’en celui des autres. S’ensuit alors un voyage où les héros cherchent à voir ce rayon avec beaucoup de patience dans les parages de l’Écosse, pourtant peu favorables à son observation à cause des brumes…

Extrait : Aristobulus Ursiclos le savant

Cette année-là, en ce mois d’août, les étrangers, touristes ou baigneurs, ne manquaient pas à la petite ville d’Oban. Sur les registres de l’un des meilleurs hôtels, depuis quelques semaines déjà, on pouvait lire, entre autres noms, plus ou moins illustres, le nom d’Aristobulus Ursiclos, de Dumfries (Basse-Écosse).

C’était un « personnage » de vingt-huit ans, qui n’avait jamais été jeune et probablement ne serait jamais vieux. Il était évidemment né à l’âge qu’il devait paraître avoir toute sa vie. De tournure, ni bien ni mal ; de figure, très insignifiant, avec des cheveux trop blonds pour un homme ; sous ses lunettes, l’œil sans regard du myope ; un nez court, qui ne semblait pas être le nez de son visage. Des cent trente mille cheveux que doit porter toute tête humaine, d’après les dernières statistiques, il ne lui en restait plus guère que soixante mille. Un collier de barbe encadrait ses joues et son menton, — ce qui lui donnait une face quelque peu simiesque.

S’il avait été un singe, c’eût été un beau singe, — peut-être celui qui manque à l’échelle des Darwinistes pour raccorder l’animalité à l’humanité.

Aristobulus Ursiclos était riche d’argent et encore plus riche d’idées. Trop instruit pour un jeune savant, qui ne sait qu’ennuyer les autres de son instruction universelle, gradué des Universités d’Oxford et d’Edimbourg, il avait plus de science physique, chimique, astronomique et mathématique que de littérature.

Au fond, très prétentieux, il ne s’en fallait de presque rien qu’il ne fût un sot. Sa principale manie, ou sa monomanie, comme on voudra, c’était de donner, à tort et à travers, l’explication de tout ce qui rentrait dans des choses naturelles ; enfin une sorte de pédant, de relation désagréable. On ne riait pas de lui, parce qu’il n’était pas risible, mais peut-être s’en riait-on, parce qu’il était ridicule.

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Extrait : Miss Campbell en quête d’amour

Mais, ce que miss Campbell ne leur dit pas, c’est que précisément ce Rayon-Vert se rapportait à une vieille légende, dont le sens intime lui avait échappé jusqu’alors, légende inexpliquée entre tant d’autres, nées au pays des Highlands, et qui affirme ceci : c’est que ce rayon a pour vertu de faire que celui qui l’a vu ne peut plus se tromper dans les choses de sentiment ; c’est que son apparition détruit illusions et mensonges ; c’est que celui qui a été assez heureux pour l’apercevoir une fois, voit clair dans son cœur et dans celui des autres.
Que l’on pardonne à une jeune Écossaise des Hautes-Terres la poétique crédulité que venait de raviver en son imagination la lecture de cet article du Morning Post.

En quête d’amour, d’accord, mais que dire au sujet de ce fameux Rayon vert ?

Le rayon vert est mentionné dans plusieurs livres de Jules Verne dont Les Indes noires, Le Phare du bout du monde, Mirifiques aventures de maître Antifer.

En ce qui concerne l’existence de ce phénomène de rayon vert, elle est attestée par plusieurs témoignages, mais ne se produit que dans des conditions de température et d’hygrométrie déterminées, ce qui en rend fort rare l’observation en pratique.

On ignore où Jules Verne a puisé son inspiration, car il y avait très peu de documentation sur le phénomène en 1882. La parution du roman a révélé l’existence du rayon vert au grand public et a contribué à accélérer les recherches scientifiques sur le sujet.

Après sa médiatisation par Jules Verne, qui lui a d’ailleurs donné son nom de rayon vert, c’est donc une pluie de témoignages d’observations qui tombe, un déversement d’études, précieusement notés dans des articles scientifiques (certains écrits par des personnes importantes comme lord Kelvin ou André Danjon), des thèses ou même des livres (comme celui de Daniel O’Connell (1896—1982), qui fut astronome à l’Observatoire du Vatican) sur le sujet.

Aujourd’hui nous savons que le rayon vert apparaît quelques fractions de secondes au coucher et au lever du soleil, et donc, qu’il existe bien. C’est un phénomène atmosphérique qui se produit quand les couleurs des rayons du soleil se mélangent, provoquant ainsi une illusion optique.

A l’horizon, alors que le ciel est dégagé, quand le soleil est presque couché, un fragment verdâtre peut apparaître pendant très peu de temps.

Les autres surprises de ce livre de Jules Verne

Une entorse de taille aux habitudes de l’auteur, et non des moindres quand on sait ce que représentait pour lui la science, à savoir sa nourriture première, son aliment de base pour construire ses histoires. Donc ici son entorse de taille est tout simplement le fait que l’héroïne ne prône pas la science, mais s’y oppose ! Elle ne supporte pas le scientifique Aristobulus Ursiclos et tout ce qu’il représente. Elle et ne jure que par les légendes de son pays !

D’ailleurs à ce propos, Le Rayon vert est aussi une occasion magnifique pour découvrir les îles écossaises sous la plume de Jules Verne. Il nous offre ici un véritable guide touristique pour les amoureux ou les curieux des Highlands !

Cette opposition à la science est également présente dans le personnage d’Olivier Sinclair, artiste rêveur, qui est à l’opposé même de Aristobulus Ursiclos.

en quête d'amourPour lire ou relire cette grande quête d’amour vue par Jules Verne, pour l’avoir dans ma bibliothèque de poche qu’est ma liseuse, mon kindle, je clique ici : Le Rayon vert (illustré)

Odile

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